Lundi 22 mars 2010
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16:35

La victoire de la gauche, emmenée par le président (PS) de Région sortant, s'est fait rapidement sentir, dimanche soir. Claude Gewerc confirme et amplifie son avance du premier tour. L'autre
vainqueur de la soirée est le Front national.
La tendance du premier tour qui donnait - malgré une dispersion - un total de voix en faveur de la gauche a été rapidement vérifiée dimanche. Une heure et demie après la fermeture des bureaux de
vote, le score était sans surprise.
Les chiffres s'égrenaient à la préfecture de Région, confirmant, minute après minute, l'écart qui s'établissait entre le socialiste Claude Gewerc et l'UMP Caroline Cayeux, soulignant la montée du
Front national.
Très tôt, on pouvait estimer que Claude Gewerc avait fait le plein des voix de gauche, celles notamment issues au premier tour de Colère et Espoir de Maxime Gremetz et du Front de Gauche conduit
par Thierry Aury. L'ensemble des voix de gauche totalisait 48 % au soir du premier tour, l'extrême gauche ayant fait pour sa part 4,32 %.
Les premiers résultats laissaient donc entreprendre une large victoire de Claude Gewerc par rapport à Caroline Cayeux. Quant au FN conduit par Michel Guiniot, il a connu une remontée très
significative par rapport à la semaine dernière, passant de 15,80 % à 19,30 %. On peut estimer que dans cette montée, ont joué les 2 % qu'avait fait Thomas Joly, tête de liste du Parti de la
France. Michel Guiniot avait aussi son explication : « Nous avons certainement récupéré des voix qui étaient allées à une époque chez Sarkozy. Il nous les avait siphonnées,
maintenant elles reviennent. »
Au niveau de la dynamique de reports de voix, Caroline Cayeux, à l'approche du résultat final, est passée de 149 000 à 208 673 voix. Elle aura réussi, sans infléchir le résultat final, à
mobiliser une partie de l'électorat de droite, voire du centre, perdu au premier tour.
Néanmoins, la maire de Beauvais reste en dessous du score qu'avait fait Gilles de Robien en 2004. L'ancien ministre avait alors totalisé 299 518 voix (35,87 %) tandis que Claude Gewerc, qui se
présentait pour la première fois à la présidence de Région, avait réuni 379 663 voix au compteur (45,47 %). Olivier Jardé, chef de file de la liste UMP-NC pour la Somme, avait une explication
quant à l'échec de la droite : « Il y a eu une peur par rapport à la conjoncture. Ce n'est pas la reprise qui a changé les résultats, même si on a eu 10 % de plus de votants. »
Les abstentions se sont cependant atténuées au second tour, passant de 54,4 % à 48,84 %. C'est un mieux pour le crédit à porter sur la représentativité démocratique de cette collectivité
territoriale.
À l'intérieur de la précédente majorité de gauche, une certaine forme de contestation, parfois salutaire, plus souvent perturbatrice, a disparu. Les débats pour les quatre années à venir vont
sans doute y gagner en sérénité.
La majorité plurielle a gagné largement. Certains électeurs regretteront qu'il n'y ait plus de communistes du PCF. Ce sera une première.
Quant au nouveau conseil régional, sur les 57 sièges qui le composent, 35 reviennent à la gauche qui gagne un siège (dans la répartition partisane, les écologistes gagnent deux sièges par rapport
à 2004 - 8 contre 6 - et au PS et à ses alliés, MRC, PRG, etc, ils gagnent 5 sièges, du fait de l'absence du PCF).
Quatorze vont à la droite qui en perd un (mais, là encore, du fait de l'absence du MoDem, UMP et Nouveau Centre voient leur nombre croître de deux sièges). Quand au FN, il retrouve les huit élus
de 2004.
Vendredi, le conseil régional procédera à son installation officielle.